NON A LA « MACHINE DE GUERRE » DE M. DE VILLEPIN CONTRE L'IMMIGRATION ILLEGALE !
NON A LA « MACHINE DE GUERRE » DE M. DE VILLEPIN
CONTRE L'IMMIGRATION ILLEGALE !
IL NE FAUT PAS ABUSER LES CITOYENS !
Le MRAP exprime son total rejet de la véritable « machine de guerre »
contre l'immigration illégale que le ministre de l'Intérieur, M. de
Villepin, a rendu publique ce jour. Ce programme, particulièrement
répressif à l'égard des Sans Papiers et des demandeurs d'asile, arrive sans
doute à point nommé pour cristalliser les peurs des citoyens de ce pays à
la veille du referendum sur le Traité constitutionnel européen.
Non content de traiter de façon simplificatrice, pour ne pas dire
simpliste, une question hautement complexe, c'est un nouveau signal
sécuritaire qui est lancé à l'électorat et qui constitue une
instrumentalisation supplémentaire du thème de l'immigration à la veille de
la réunion à Paris des pays du Groupe dit « G5 » de l'UE qui comprend,
outre la France, l'Allemagne, l'Espagne, la Grande Bretagne et l'Italie.
L'attitude de M. de Villepin, qui affirme une volonté inébranlable de ne
pas régulariser les quelque 200.000 à 400.000 immigrés sans papiers qu'il
estime présents sur le territoire français, tranche avec la décision
espagnole de régularisation (quelles qu'en soient par ailleurs les
limitations) des quelque 600.000 personnes sans papiers autorisées, sous
réserve d'un séjour de six mois, à présenter leurs demandes jusqu'au 7 mai
dernier. L'Espagne, membre du G5 - qui « doit », par procuration de l'Union
Européenne, exercer un contrôle sans merci sur les « pateras » du détroit
de Gibraltar ou des îles Canaries - n'en a pas moins estimé préférable d'en
finir avec une situation humainement, économiquement et politiquement
intolérable sur son territoire.
M. de Villepin, en annonçant la réforme du code civil, préfère lancer une
campagne de suspicion à l'égard des mariages célébrés à l'étranger qui,
pour l'essentiel, représentera une atteinte au droit fondamental de se
marier librement. Il annonce également l'établissement d'une liste de «
pays sûrs » dont les ressortissants verraient leurs demandes d'asile
traitées selon la procédure « accélérée » et sans doute massivement
rejetées parce que « manifestement infondées ». Le MRAP, membre de la
Coordination Française pour le Droit d'Asile (CFDA), ne peut que s'étonner
avec l'ensemble des organisations du droit d'asile « que la France soit en
mesure d'établir une liste de pays d'origine « sûrs » alors que depuis de
longs mois les Etats membres de l'Union européenne échouent à mettre au
point une liste commune ». A moins de ne pas hésiter à y inclure des pays
dont n'ont disparu ni la peine de mort ni les mutilations génitales à
l'encontre des femmes.
Quant au signal lancé par la création d'une « police de l'immigration », il
représente un risque majeur d'encouragement de la xénophobie, de la
suspicion et pourquoi pas, à terme, de la délation à l'encontre des
milliers de Sans Papiers et demandeurs d'asile déboutés, souvent présents
de très longue date en France.
Le désespoir ne cesse d'inciter des groupes de Sans Papiers dans tout
l'Hexagone à prendre la lourde décision d'une grève de la faim, mettant
leur intégrité physique et psychique en péril, pour alerter les
responsables politiques à l'inhumanité de leur situation. Le message du
ministre de l'Intérieur leur oppose une fin de non recevoir d'autant plus
étrange que ce même ministre préconise, à l'instar de M. Sarkozy,
l'instauration de quotas et participe, au sein de l'Union Européenne, à la
réflexion sur les modalités d'une nouvelle immigration économique pour
mieux répondre aux besoins du marché du travail et de la « prospérité
européenne ».
Paris, 11 mai 2005
Last modified 2005-08-14 11:11 AM
